Palla d'oro
"Mes articles sur Crètes après mon voyage (2/11)"
La Crète : le plateau du Lassithi - Grèce
La Crète est divisée en "nomes" qui sont des divisions administratives, eux-mêmes subdivisés en plusieurs "éparchies", qui correspondent au diocèse de l'église latine.
Ainsi le nome du Lassithi, le plus oriental de Crète, est subdivisé en quatre éparchies : celles de Mirabello, du Lassithi, de Hiérapetra, de Sitia.
Nous sommes logés pour quelques jours à Hierapetra, une station balnéaire sur la côte sud-est de la Crète, et c’est à partir de cette base que nous visiterons quelques-unes des richesses de ces différentes éparchies.
Et tout d’abord le plateau du Lassithi dans l'éparchie du même nom. A partir de Hierépietra, la route serpente dans un massif montagneux sauvage et beau.
Et puis, d’un seul coup, surplombant de très haut le paysage, elle nous révèle un spectacle impressionnant. Tout en bas, au-dessous de nous, s'étend, encerclée par de hautes montagnes aux neiges éternelles, une formidable dépression de plusieurs kilomètres de diamètre, une vaste étendue circulaire semblable à une gigantesque piste de cirque, au fond incroyablement vert. C’est un "poljé", le plus grand d’Europe.
Le poljé, mot slave signifiant plaine, est selon la définition du dictionnaire, une dépression plus ou moins vaste entourée de rebords rocheux, à fond plat et alluvial, très répandu dans les reliefs karstiques, provenant de l'érosion des roches calcaires.
La dépression de Lassithi n’est pas une plaine même si elle paraît comme telle vue de la route qui la domine. Il s’agit en fait d’un plateau qui est situé à 800 mètres environ d’altitude. Ce plateau forme une immense cuvette qui était autrefois inondée. Des travaux de drainage ont permis d’en faire un terrain de culture d’un grande fertilité. Pendant l'été, l’eau pour l’irrigation, est tirée du sol par l’action d’une multitude de petites éoliennes, légers moulins à vent aux ailes blanches, de nos jours motorisées. En ce mois d’Avril pluvieux, elles sont au repos et dépourvues de leur toile lèvent vers le ciel leurs maigres bras métalliques. Le découpage des champs et des prés de tailles et de cultures différentes, tirés aux cordeaux, forment comme une sorte de patchwork coloré qui décline en cette saison toutes les nuances du vert.
Nous descendons par la route en lacets au fond du poljé. C’est pour découvrir de charmants et blancs villages pelotonnés au pied des hautes cimes enneigées. De nombreuse auberges indiquent qu’il s’agit d’un lieu très touristique en haute saison.